Entretien avec Hold your Horses !

Entretien réalisé par Anthony en Juin 2009 - lu 176 foisAvec un premier
EP éponyme particulièrement détonant, les
Hold Your Horses ! ont frappé un grand coup et bouleversé les acquis de la scène rockofolk hexagonale. Entretien avec une formation hors du commun.
Une première question, puisqu'on vous connait très peu : comment est né votre collectif et quelle a été son évolution jusqu'à aujourd'hui ?
G. Le groupe est né à Londres ou Charles et Flo, tous les deux franco américains, se sont rencontrés durant leurs études, qui les ont ensuite amenés à Paris, où ils ont rencontré les autres membres, violon, violoncelle, la trompettiste étant la soeur de Flo.
Le line up s'est arrêté avec mon arrivée à la guitare, et celle de Robin à la basse il y a 6 mois. Ca fait donc assez peu de temps qu'on est tous ensemble, moins d'1 an.
R. J'ai rencontré Charles et Greg dans un premier temps. C'était a l'anniversaire de Max Boublil; ils m'ont dit qu'ils cherchaient un bassiste et ça tombait bien car je venais de me faire virer de mon groupe de grindcore. Tout ça pasque le chanteur m'a surpris en train
d'écouter Belle & Sebastian en jouant avec un chaton... J'ai essayé de lui faire croire que je préparais une messe
noire, en vain.
Avec six membres - et apparemment autant de fortes personnalités -, votre formation semble plus tenir du joyeux bordel que du groupe classique. Du coup, comment se passent vos phases de composition ?
G. Nous sommes effectivement un joyeux bordel, on nous le dit (trop) souvent !!!! :) Sinon merci d'avoir éliminé un membre de notre groupe, car nous sommes 7. On voulait aussi tous en virer un, merci de nous y avoir aidé. Je suis drôle.
En général un membre du groupe arrive avec un squelette de chanson, guitare voix le plus souvent, puisque Flo joue aussi de la guitare, et on brode dessus. En général chacun trouve sa partie, et parfois le morceau ne ressemble plus du tout à ce qu'il était au début. Parfois le morceau est plus composé et arrangé, Simon (cello) ayant un goût pour la composition MIDI qui ne manque pas d'humouR. Il a fait des études le bougre.
C'est vrai que chacun dans le groupe a des idées très différentes, ne serait ce qu'en termes de passé musical et de références. Je pense clairement que c'est un gros avantage, car chacun y trouve son compte en apportant sa touche personnelle, contrairement aux groupes ayant des membres aimant tous la même chose.
On peut pas dire qu'il y ait vraiment de leader dans ce groupe, ce qui ralentit parfois les choses, mais ce qui crée une bonne émulation aussi... Et un gros bordel, personne ne voulant réfréner ces ardeurs, comme notre nom l'indique!! (je suis drôle, et spirituel)
R. En ce qui concerne mes lignes de basses, a l'instar de J.Cale, je travail beaucoup avec le I ChinG. J'accorde
plus d'importance a l'interprétation du hasard et du ressenti qu'aux règles fondamentales de l'harmonie occidentale.
Non, sans rire, je suis bassiste, je fais ce qu'on me dit de faire. Ou plutôt ce que Charles me dit de faire.
Chose assez curieuse : alors que votre "popularité" sur le net semble (relativement) grande, on trouve assez peu trace de votre premier EP dans les magazines spécialisés (même sur le net) ; un choix de votre part d'essayer de "contourner" les inévitables chroniques, ou un vrai manque d'intérêt de la part de la presse ?
G. C'est vrai que nous sommes des stars sur l'internet de la toile.
Pourtant internet, je pensais que ça marcherait jamais. Ah. D'ailleurs si tu tapes star + internet sur Google, c'est nous qui tombons en premieR. Il y a d'ailleurs une photo de moi avec Lily Allen en une d'internet.
Bon je suis vraiment drôle.
Je sais pas trop, on l'a envoyé pourtant, on est pas très bon en promo :) ça vient peut être aussi du fait que les gens savent pas trop quoi penser de ce magma de plein de trucs. On nous dit de ces références...du ska country en passant par blonde redhead ou de la musique celte...WTF ?? Du coup on n'est pas trop dans une niche non plus, et les webzines sont souvent très spécialisés.
On a quand même eu des chroniques sur quelques webzines, et dans Lylo et Magic. Mais tu es, cher Anthony, LE visionnaire qui a le premier chroniqué notre demo!!. Je dis bravo.
R. De toute façon la presse spécialisée est has been, pour faire des articles sur les Stooges ou pour dire que Klaxxon c'était pas si terrible en fait
y'a du monde c'est sûr, mais pour dire qu'un groupe que personne ne connait encore est pas mal...
Du coup le seul moyen d'avoir une couv' d'NME c'est être has been.
Je dirais même qu'être spécialisé c'est has been; la vraie classe serait d'avoir un menu HYH! chez Quick.
A moins qu'être has been soit le seul moyen d'avoir la classe...
Tu vois c'est trop complexe...
La toile , justement, est incontestablement devenu un moyen incontournable pour les groupes (de tous horizons) de se faire connaître. Pensez-vous que ce média soit désormais le seul à donner ses chances à la musique ?
G. Il est très dur de passer en radio, Campus et Oui FM nous ont un peu diffusé, sur Oui FM on a gagné un concours, il était fort comique d'entendre le présentateur s'acharner sur notre nom, et essayer de trouver des références... Entre Pierre Bachelet et Johnny nous a t'on dit.
Passer à la télé est encore plus dur, donc oui le net permet de faire les choses soi même, de s'auto diffuser quoi, de drainer un reseau aussi...DIY !!! De plus cela ne coûte pas ou peu d'argent, donc accessible à tous.
Pour continuer dans cette direction, on a récemment vu des groupes éclore sur le net avant de trouver un label (je pense notamment aux Clap Your Hands Say Yeah ! et aux Arctic Monkeys, formations déjantées s'il en est). Selon vous, les labels sont-ils trop frileux pour faire confiance à des groupes du "genre" (on vous inclue dedans, cela va sans dire) tant qu'ils n'ont pas fait leur preuve sur myspace & co ?
G. Je pense que les labels seront de plus en plus frileux, car l'économie du disque rétrécit d'échelle...Il ya de moins en moins d'argent, et de plus en plus de groupes! Effectivement le fait d'être populaire sur le net garantit au label une base de popularité, et peut donc prendre le train du groupe en marche, si je me fais comprendre... C'est autant de comm' qu'il n'aura pas à faire, et une garantie de popularité minimale quoi.
Pour nous, on ne fait pas partie d'une scène à proprement parler, donc c'est pas facile... Mais bon, on a bon espoir qu'un label s'intéresse à nous !!
Produire un disque, enregistrer de la musique coûte de l'argent, et pas qu'un peu. Il faut nous donner de l'argent. Il faut nous aimer, et sauver nos vies. Nous voulons devenir riches et et célèbres, pour devenir plus beaux et attirants, et pouvoir composer notre triple LP concept album sur les chauve souris extra terrestres.
R. C'est pratique pour les labels, Internet. Ils laissent le public se faire un avis, classer le groupe dans un genre
et hop ils le reprennent. Ils n'ont plus qu'à redire ce qui s'est dit sur les blogs.
Enfin je parles des majors, les indés sont un peu moins filou. Les seuls à donner leur chance à tout le monde sont les labels numériques.
Mais bon avoir son album sur une clef USB ça fait pas rêveR.
De toute façon J.Peel est mort.
Hold your horses est une expression américaine réclamant de la patience, de l'attente. Une promesse que le meilleur est à venir ?
Etant donné que nous comptons enregistrer bientôt, dans des conditions pro cette fois, oui !!!! Le lo Fi a son charme, mais je pense pas que ça serve beaucoup notre musique :)
On apprend doucement comment tout ça marche, promo, communication, live... On s'améliore musicalement et dans la composition aussi, on essaie de canaliser notre bordel !!!
On a beaucoup de progrès à faire, mais je pense que notre côté maelström plein de vie est une bonne base !!
Je sens que je vais la regretter celle-là, mais : un dernier mot ?
G. J'aimerais te dire merci, mais je vais te dire: BOUYAKA
Life continues, hypoténuse. On vous donne du love.
R. Hier soir j'ai maté un reportage fascinant sur les indep' Lyonnais, ces "supporters" qui filent des rencards a d'autres "supporters" pour se foutre sur la gueule. Ils sont super organisés, se connaissent bien, se passent des coup de fils et tout.
Donc les reporters suivent le chef des indep' Lyonnais jusqu'à la "fight" contre les Nancéiens, mais au derniers moment ces derniers se font repérer par la police, la baston n'a donc pas lieu.
Et tu sais comment ça finit ? Le chef des indep' Lyonnais et celui des Nancéiens se retrouvent dans un bar et trinquent ensemble.
Ils sont déçus car leur plan est tombé à l'eau, ils n'ont pas atteint leur but.
S'ils s'étaient croisés par hasard dans le métro ils se seraient tapés c'est sûr !
Tout ça pour dire que trop d'organisation ne mène pas forcement a la réussite.
Free your mind, your ass will follow. Booyaka!
Max Boublil on aura ta peau !!!