Lisaveta - L'échelle de Mohs
Il y a des albums qu'on aimerait mieux ne pas avoir à chroniquer, honnêtement. Soit parce qu'on les aime trop, et qu'on se sent incapable de retranscrire ce que l'on ressent en les écoutant. Soit parce qu'on n'y trouve rien de bon, et qu'on ne sait pas comment ne pas être trop agressif à l'écriture.
Il va sans dire que L'échelle de Mohs me plonge inexorablement dans le second cas. Certes, il y a bien deux-trois passages musicaux intéressants (les cordes sur Le messager, l'ambiance générale de Venus Park), mais ils sont minoritaires et noyés par un chant qui - à mes oreilles - gâche absolument tout, et rend cet EP inaudible. Crispante, faussement rauque, manquant de justesse, sans relief, cette voix relativement fade appuie des textes sans queue ni tête, bien que vaguement poétique par moments. Si nous sommes les premiers à encourager une musique différente, originale, risquée - maîtrisée avec génie par certains (Bashung, Dominique A et consorts) -, il faut parfois savoir trouver les limites, et ne pas sombrer dans un excès total rendant le tout indigeste.
Malheureusement, Lisaveta n'est pas parvenu à éviter de piège du "too much", et passe à côté de son sujet en livrant une parodie de ce qui aurait pu être un album correct. A n'en pas douter, cette échelle de Mohs saura en toucher certain(e)s. Nous n'en ferons simplement pas partie.
par anthony - lue 179 fois.<< Retour
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